Paris, le 21 avril, 2026
Tristesse, accablement, colère, tels sont les sentiments suscités par le renvoi brutal d’Olivier Nora*, à la tête depuis 26 ans de la maison Grasset, par le groupe Hachette, désormais propriété de Vivendi, au sein du groupe Bolloré. Il a suffi d’un désaccord au sujet de la date de sortie du prochain livre de Boualem Sansal, récemment débauché par le groupe au détriment de Gallimard pour raconter son incarcération à Alger, et plus encore, semble-t-il, du refus d’Olivier Nora de publier le prochain essai de Nicolas Diat, éditeur chez Fayard de Philippe de Villiers et du cardinal Robert Sarah, entre autres auteurs de la droite dure, pour acter un divorce que beaucoup redoutaient en silence, Fayard servant déjà de vitrine idéologique au groupe et Grasset ayant toujours été d’abord une maison littéraire, très ouverte esthétiquement et idéologiquement.
Les auteurs Grasset sont aujourd’hui unanimes à célébrer la compétence, la courtoisie, l’intelligence, le brio et l’humanité d’un éditeur qui aura eu le don de créer avec chacun une relation de confiance et d’intimité devenue rare, dans un monde de plus en plus verrouillé par des financiers. Ils n’attendent qu’une chose : qu’Olivier Nora reprenne ailleurs du service et fasse à nouveau vivre la littérature dans les conditions optimales de confiance et d’humanité. L’histoire n’est pas finie.
220 d’entre eux, dont Claude Arnaud – et ils affluent encore – ont rédigé hier soir un texte de soutien à Olivier Nora publié par l’Agence France-Presse.
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Editions Grasset & Fasquelle 61 rue des Saints-Pères 75006 Paris, le 20 avril 2026