Paris mobilisé en soutien à la protestation en Albanie

L’initiative, annoncée comme non partisane, a rassemblé principalement de jeunes Albanais de la diaspora, mobilisés à l’initiative d’un groupe de jeunes femmes issues d’une liste WhatsApp, rejoints par des représentants de générations plus anciennes vivant depuis des décennies à Paris et en France. Les organisateurs ont souligné le caractère spontané et citoyen de cette mobilisation, née de l’inquiétude face à la destruction de l’environnement et de la volonté de soutenir le plus important mouvement de protestation qu’ait connu l’Albanie depuis celui des années 1990.

Klara Buda
Manifestation, Paris, le 7 Juin, 2026 © image i përpunuar IA për respekt të privatësisë së organizatorëve, shpërndarja e paautorizuar është e ndaluar dhe mund të sjellë ndjekje gjyqësore.

Paris, le 7 juin 2026

Place Joachim-du-Bellay, à Paris, s’est tenu un rassemblement citoyen en soutien à la protestation qui se poursuit en Albanie. Les participants ont exprimé leur opposition à un projet contesté concernant la lagune de Narta et la zone de Zvërnec, mais pas seulement, qu’ils considèrent comme une menace grave pour l’un des écosystèmes les plus importants de biodiversité en Europe.

L’initiative, annoncée comme non partisane, a rassemblé principalement de jeunes Albanais de la diaspora, mobilisés à l’initiative d’un groupe de jeunes femmes issues d’une liste WhatsApp, rejoints par des représentants de générations plus anciennes vivant depuis des décennies à Paris et en France. Les organisateurs ont souligné le caractère spontané et citoyen de cette mobilisation, née de l’inquiétude face à la destruction de l’environnement et de la volonté de soutenir le plus important mouvement de protestation qu’ait connu l’Albanie depuis celui des années 1990.

Au-delà des débats sur les soutiens et les participations individuelles, le message principal de la manifestation est resté clair : le soutien à la protestation qui se poursuit sans interruption en Albanie, l’exigence de transparence dans la prise de décision publique et la défense du patrimoine naturel et historique albanais. Les participants ont appelé les autorités albanaises à annuler les projets qui menacent de manière irréversible l’écosystème de Narta et de Zvërnec, et au-delà.

Les intervenants qui ont pris la parole ont respecté le caractère non partisan de la manifestation, tel qu’affiché par les organisateurs. Toutefois, à l’image de ce qui se passe dans l’ensemble des mobilisations de soutien à la protestation albanaise dans les capitales européennes, il était difficile d’échapper aux appels en faveur d’un changement d’un mode de gouvernance considéré comme corrompu et arrivé à saturation.

Parmi les participants figuraient également d’anciens ministres de l’actuelle majorité, parfois dissimulés sous des déguisements de flamants roses et des foulards. Beaucoup ont estimé que, par souci d’éthique, ces anciens responsables devraient d’abord prendre clairement leurs distances avec les politiques qu’ils ont soutenues lorsqu’ils exerçaient des fonctions gouvernementales.

Car cette mobilisation a manifestement dépassé le seul cadre de la protection de l’environnement. Elle s’est également révélée comme l’expression d’une révolte contre une gouvernance qui a précisément contraint nombre de ces jeunes à se trouver aujourd’hui dans cette ville, à ce moment précis. Environ 30 000 Albanais ont quitté le pays au cours de l’année 2025.

Malgré certaines tentatives perçues par plusieurs participants comme des formes de récupération ou d’influences extérieures — révélant au passage ce mal qui poursuit les Albanais comme une malédiction : la méfiance mutuelle — les organisateurs ont insisté sur le fait que ce mouvement demeure avant tout une initiative citoyenne, soutenue par la société civile, par une nouvelle génération et, bien sûr, par ces jeunes femmes récemment arrivées à Paris, qui aspirent à une Albanie plus transparente, plus démocratique et plus juste.

De nombreux jeunes n’ont pas pu dissocier la question de Narta et de Zvërnec de la réalité politique que traverse actuellement le pays. Comme à Tirana, dans d’autres villes d’Albanie et dans les rassemblements organisés à travers le monde, les participants à Paris ont exprimé ouvertement leur lassitude face à la corruption, à la concentration du pouvoir, à l’absence de reddition de comptes et à l’arrogance du Premier ministre albanais.

Pour beaucoup d’entre eux, la défense de Narta et de Zvërnec n’est pas seulement une question environnementale. Elle est devenue le symbole d’une revendication plus large : le respect de la loi, la protection des biens publics et la construction d’une Albanie où l’intérêt des citoyens primerait sur les intérêts clientélistes et politiques ; une Albanie où le développement respecterait la culture, l’histoire et le bien-être d’un peuple qui, après un demi-siècle de totalitarisme, ne mérite pas d’être précipité dans l’abîme d’un libéralisme débridé, mais au contraire protégé par ses gouvernements, d’autant plus lorsque ceux-ci se présentent comme socialistes.

Une nation ne peut avoir d’avenir sans protéger les plus faibles. Elle ne peut se glorifier d’avoir laissé mourir en exil intérieur Mère Mare, âgée de 104 ans, dont les fils furent fusillés ou déportés par le régime, tandis que la transition démocratique l’a laissée dans la même cabane, sans jamais lui restituer les terres qui sont aujourd’hui attribuées, par décrets gouvernementaux et modifications législatives, pour un euro symbolique à des investisseurs dits stratégiques, stratégiques seulement pour d’autres intérêts que ceux du pays.

Depuis Paris, un message clair a été lancé : le soutien à la protestation, la défense de la nature et du patrimoine, la lutte contre la corruption et l’exigence d’une démocratie plus authentique font aujourd’hui partie d’une seule et même aspiration à une Albanie nouvelle.

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