Paris, le 16 septembre 2026
Le 16 septembre 2026, les Chambres spécialisées du Kosovo, siégeant à La Haye, ont reconnu coupables quatre anciens hauts responsables de l’UÇK, Hashim Thaçi, Kadri Veseli, Rexhep Selimi et Jakup Krasniqi, de crimes de guerre comprenant la détention arbitraire, les traitements cruels, la torture et le meurtre de 96 personnes, principalement des opposants politiques, des Albanais accusés de collaboration, ainsi que des Serbes et des Roms. Ces 96 victimes sont déjà comprises dans le bilan général des 13 535 morts ou disparus. Le jugement demeure susceptible d’appel. Chambres spécialisées du Kosovo, Associated Press.
Bilan de la guerre du Kosovo en chiffres
La guerre du Kosovo, qui s’est déroulée principalement entre février 1998 et juin 1999, a entraîné :
- 13 535 personnes tuées ou portées disparues entre janvier 1998 et décembre 2000 :
- 10 812 Albanais ;
- 2 197 Serbes ;
- 526 Roms, Bosniaques, Monténégrins et membres d’autres communautés.
- Parmi elles, 10 317 étaient des civils et 3 218 des combattants. Ce décompte nominatif, établi par le Kosovo Memory Book, demeure la référence documentaire la plus rigoureuse.
- Environ 1 600 personnes sont toujours portées disparues, plus de vingt-cinq ans après la guerre.
- Près de 850 000 Albanais du Kosovo furent expulsés ou contraints de se réfugier dans les pays voisins, principalement en Albanie et en Macédoine du Nord.
- Plusieurs centaines de milliers de personnes furent également déplacées à l’intérieur du Kosovo.
- Après juin 1999, environ 200 000 Serbes, Roms et membres d’autres communautés non albanaises quittèrent à leur tour le territoire.
- Les bombardements de l’OTAN sur la République fédérale de Yougoslavie auraient causé entre 489 et 528 morts civils, dont 278 à 317 au Kosovo, selon Human Rights Watch.
- Les violences sexuelles ont touché plusieurs milliers de femmes et d’hommes. Les estimations souvent citées vont de 10 000 à 20 000 victimes, mais aucun décompte définitif ne peut être établi en raison du silence, de la stigmatisation et du faible nombre de témoignages officiellement enregistrés.
- Des dizaines de milliers d’habitations furent incendiées, pillées ou détruites, ainsi que de nombreux édifices religieux et culturels.
Ces chiffres doivent être maniés avec précision : le total de 13 535 morts ou disparus couvre une période plus large que la seule phase militaire de 1998–1999 et inclut les violences commises immédiatement après la guerre. Il ne faut donc pas additionner à ce total les quelque 1 600 personnes encore disparues, puisqu’elles y sont déjà comprises. Kosovo Memory Book, Human Rights Watch, Comité international de la Croix-Rouge.
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Les soldats allemands de l’OTAN sont accueillis en héros par les Albanais du Kosovo dans la ville de Prizren le 13 juin 1999 (photo courtesie de Wade Goddard)